Le coût faramineux de l’absentéisme au travail

L’absentéisme au travail

Selon l’Institut Sapiens, le cout de l’absentéisme au travail s’élève à 107,9 milliards d’euros chaque année, soit l’équivalent de 4,7 points du PIB ou du budget annuel de l’Éducation nationale. Une révolution managériale et une meilleure prise en compte de la qualité de vie au travail sont plus que jamais au cœur des enjeux.

Toutes les études concordent :

Le taux d’absentéisme au travail est en augmentation régulière. Il explose même dans le secteur public (+28% depuis 2007[1]). S’il demeurera toujours une part incompressible (maladies, accidents, congés maternité…), que les auteurs de l’Institut Sapiens évaluent à un tier du taux d’absentéisme total, l’État et les entreprises peuvent agir sur les deux tiers restants. L’étude relève 6 domaines clés :

  • les conditions de travail,

  • l’organisation du travail,

  • la communication/coordination/concertation,

  • le gestion du temps,

  • la formation intégrée,

  • la mise en œuvre stratégique (notamment les politiques de rémunération).

Absentéisme et qualité de vie au travail

Absentéisme et qualité de vie au travail

Investir pour mobiliser… et économiser

L’étude cite l’exemple d’un département technique d’une grande entreprise de transport en commun, mis en évidence par les recherches de l’Institut de Socio-Économie des Entreprises et des Organisation (ISEOR). Avec un taux d’absentéisme de 17,3%, le département perdait 960 000€ chaque année, répartis de la manière suivante :

Coûts engendrés par l'absentéisme

Légende:

  • Non production : travail des absents non pris en charge ou laissés en suspens

  • Sursalaires : salaires versés aux absents

  • Surtemps : actes de régulation supplémentaires réalisés par les présents, en raison des absences

  •  Surconsommation : achats de services externes pour pallier les absences

Ainsi, sur les 960 000€ perdus, 78,0% étaient lies a la non production.

Selon les auteurs de l’étude, « Devant l’ampleur de ces montants, une balance socio-économique prévisionnelle a été réalisée comparant le coût d’un projet de réduction de l’absentéisme avec les gains attendus, représentés par la fraction de réduction des coûts cachés envisagée.” Afin de réaliser ce projet, 184 000 € ont été prévus en vue d’investir dans “l’amélioration des conditions de travail et dans les “temps complémentaires passés par les managers avec les équipes”. L’objectif est de faciliter l’organisation du travail, et encourager les salariés.

Résultat : après un an de mise en œuvre, l’absentéisme a chuté de 40%, permettant à l’entreprise de dégager un gain net de 200 000 € !

Gagnant-gagnant

Plus globalement, l’ISEOR estime qu’une amélioration du management, du fonctionnement et de la qualité de vie au travail permet de réduire les coûts cachés liés à l’absentéisme de 35 à 55% en l’espace de 6 mois à deux ans. Cela signifie « qu’un dirigeant ou un manager, pourrait investir, annuellement, et en toute sécurité économique, entre 1 200 € et 1 900 € par salarié dans le secteur privé, et entre 2 100 € et 3 400 € dans le secteur public, par exemple au travers d’incitations financières et/ou en formations intégrées, afin de réduire l’absentéisme et d’autofinancer sa survie et son développement », conclut l’Institut Sapiens.

Bref, investir dans le bien-être de ses salariés n’est plus une raison éthique mais bien un impératif économique et de performance.

Vous pouvez en savoir plus Quel R.O.I. pour la crèche d’entreprise ?

Des parents plus sereins font de meilleurs salariés

Nathalie de Boisgrollier est coach parentale et fondatrice de l’association OZE Éducation Positive qui accompagne les parents, notamment en entreprise, pour une meilleure gestion de leur vie privée et professionnelle. Nous l’avons rencontrée.

Quels dispositifs mettez-vous en place quand vous intervenez en entreprise ?  

En général, tout commence avec une conférence de sensibilisation sur différentes thématiques définies avec l’entreprise. Nous allons ensuite plus en profondeur, dans une approche pratique, avec des dispositifs d’accompagnement individuels ou en couple et des ateliers tout au long de l’année.

Augmenter l’engagement des salariés

Augmenter l’engagement des salariés

Quelles sont les attentes des parents-salariés ?

On constate que la nouvelle génération de parents se distingue des précédentes par un fort investissement sur l’enfant qui se matérialise à la fois par un désir de perfection dans son rôle de parent et une peur pour l’avenir de l’enfant. Une telle attention, une telle tension, entraînent de la fatigue et un sentiment de ne pas être à la hauteur, avec un équilibre vie privée / vie professionnelle souvent difficile à trouver.

Les parents ont besoin d’être rassurés. C’est particulièrement vrai pour ceux qui ont des enfants adolescents et qui sont souvent tétanisés par le conflit. Mais désaccord ne veut pas dire désamour. Le conflit permet de s’adapter, de faire émerger un compromis. Pour faire le lien avec le contexte actuel, on peut d’ailleurs penser que le mouvement des gilets jaunes est né en partie d’une colère qui n’a pas été suffisamment gérée en amont.

RSE et qualité vie voir l’infographie : Parentalité un enjeu de qualité de vie au travail

Les entreprises et organisations ont-elles pris conscience de l’importance de cet enjeu pour leurs salariés et donc pour leur business ?

Les choses commencent à bouger, oui, même si c’est encore trop timide. Un bon exemple est celui de la CAF. Au lieu de simplement donner de l’argent aux familles, ce qui revient parfois à occulter les vrais problèmes, elle s’engage depuis quelques années sur d’autres formes d’accompagnement, en valorisant notamment l’écoute et le conseil.

Les mentalités évoluent donc, mais à mon sens les entreprises n’ont pas encore suffisamment pris conscience des bénéfices qu’elles pourraient tirer d’une telle démarche. En effet, au-delà des gains financiers directs liés à une baisse de l’absentéisme au travail (lire aussi : le coût faramineux de l’absentéisme en travail), apprendre aux salariés à travailler sur leur intelligence émotionnelle au sein de leur foyer peut avoir des répercussions bénéfiques dans leur vie de professionnelle : savoir mieux communiquer, déléguer, dire non ou je ne sais pas, apprendre à gérer le stress, les désaccords… Des parents plus sereins font aussi de meilleurs salariés.

Nathalie de Boisgrollier est l’auteur de :

-       La vie cachée des émotions des grands (Hatier jeunesse)

-       La vie cachée des émotions des petits (Hatier jeunesse)

-       Élever ses enfants sans lever la voix (Albin Michel)

-       Heureux à l’école : tout commence à la maison (Albin Michel)

Qualité de vie au travail : Les offres de nouvelle génération.

Ma Bonne Fée, acteur majeur de la parentalité en entreprise, développe actuellement une application pour mieux comprendre les besoins individuels des salariés.

Voir : Ma Bonne Fée est le premier acteur 360° dédié à la parentalité en entreprise.

Une expérience digitale innovante qui a pour vision la compréhension réelle des besoins de chaque famille, tout en garantissant un retour sur investissement pour les entreprises. Avec pour vecteur le salarié de demain, Ma Bonne Fée développe des outils pour que les entreprises puissent offrir les meilleurs services au moment le plus important pour leurs collaborateurs.

De la Nurse de Nuit aux places en crèches, Ma Bonne Fée accompagne les salariés dans leurs besoins du quotidien.

[1] Étude Sofaxis – Septembre 2018