Parentalité en entreprise : ce que pensent les hommes

Convaincus que l’égalité professionnelle passe également par la compréhension des attentes des hommes, Goods to Know et l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises ORSE, ont étudié la prise en compte de l’équilibre vie professionnelle - vie personnelle et de la paternité dans le monde du travail. Décryptage.

Un panel d’hommes et de femmes[1] a été mis à contribution pour cette étude inédite.

L’objectif :

  • chiffrer les attentes des hommes en terme de parentalité et de partage des temps de vie,

  • sensibiliser hommes et femmes aux stéréotypes lancinants,

  • mesurer l’intérêt des hommes pour les dispositif existants.

Voici ce que rapporte l’étude, sur 4 thématiques clés.

  1. Le Management : une impression d’égalité à nuancer

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Premier constat : un ressenti plutôt homogène entre hommes et femmes quant aux discriminations dont ils peuvent faire l’objet ou qu’ils peuvent infliger à leurs subordonnés.

[1] 5 897 personnes dont 2 002 hommes et 3 462 femmes, dont la majorité est mariée, pacsée ou en concubinage (73,3%) et rapporte avoir des enfants (73,7%)

Même s’il faut bien constater que les faits invitent parfois à réévaluer cette impression. En effet, seuls 14% des professionnels envoyés à l’étranger sont des femmes.

2. Conciliation des temps de vie : les hommes frustrés mais moins craintifs pour l’évolution de leur carrière que les femmes

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Les hommes ne sont que 48,3% à être satisfaits du temps consacré à leur famille. Un chiffre qui descend à 45,6% pour ceux qui ont des enfants. Sur les 13,1% d’hommes qui affirment avoir travaillé à temps partiel, 44,9% estiment que cela a eu un impact négatif sur leur carrière et 39,7% disent que cela a été mal perçu sur leur lieu de travail. Quant aux hommes qui ne souhaitent pas prendre de temps partiel, le principal frein évoqué est la perte de revenus (82,3%). Notons que les femmes surestiment largement l’impact négatif du temps partiel sur leurs carrières (77,7%) par rapport aux hommes. Selon l’étude : « Ceci peut s’expliquer par le fait qu’elles aient elles-mêmes vécu ces répercussions lors de la prise d’un temps partiel ou par le stéréotypes de l’homme carriériste. »

3. Dispositifs d’accompagnement de la parentalité : les hommes en demande

Le congé paternité est plébiscité (75%), avec un intérêt encore plus marqué chez les jeunes actifs (90,3%). Les hommes sont même 85,4% à souhaiter que ce temps soit allongé à l’avenir. Les choses sont cependant bien moins évidentes quand il s’agit du congé parental d’éducation : ils ne sont que 13,9% à souhaiter à bénéficier (à noter toutefois une différence générationnelle, puisque ce chiffre monte à 54% chez les 18-30 ans !) 90% des hommes estiment qu’il est plus accepté pour une femme de poser un congé parental. Un avis corroboré par ces dernières à 82,7%. Deux mesures suscitent en revanche l’intérêt des hommes et sont à creuser :

-       Le temps partiel vacances qui permet à un salarié de concentrer ses jours de travail à temps partiel en dehors des vacances scolaires (80% jugent que c’est une bonne idée).

-       La flexibilité des horaires, notamment pour les pères séparés ayant une garde alternée (77,7% d’entre eux se disent intéressés).

4. Communication : un manque d’information et des stéréotypes qui perdurent

66,9 % des hommes estiment ne pas être suffisamment informés des mesures légales existantes pour la conciliation des temps de vie. Pour accompagner les salariés et endiguer les stéréotypes, les réseaux d’hommes ou mixtes traitants de la conciliation des temps de vie au sein de l’entreprise sont cités comme un vecteur d’évolution. Car les stéréotypes ont la vie dure, et sont relativement partagés entre les hommes et les femmes :

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L’étude cite en outre des verbatim récurrents tels que « les hommes doivent ramener un bon salaire pour faire vivre leur famille » (cité par les femmes), ou « les hommes sont violents, dominateurs, colériques, coureurs de jupon » (cité par les hommes).

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Comme quoi il reste encore bien du chemin à parcourir…

Ma Bonne Fée a participé au colloque franco-belge sur la parentalité, organisé par l’ORSE les 7 et 8 décembre derniers, sur le sujet « Numérique et Parentalité » pour les entreprises.